1885 nous renvoie vers une époque si lointaine que les plus jeunes auraient du mal à croire qu’elle ait pu même exister…
Cette année-là, les ados ne roulent toujours pas en scooter mais s’extasient sur la Daimler, première moto (certes en bois) pourvue d’un moteur à explosion capable de franchir les… 12km/h, avant que la première automobile ne l’éclipse littéralement des radars. Que voulez-vous, même en 1885, le monde file.
En 1885 comme en 2023, pour beaucoup, "la vie est passée avant qu’on ait pu vivre". Ainsi, Victor Hugo quitte ce monde un 22 mai. Lui, qui quelques décennies en arrière, dans la force de l’âge et, comme une prophétie, criait haut et fort "Oh! Demain, c'est la grande chose! De quoi demain sera-t-il fait?" . De rhum Victor, demain sera fait de rhum. Car au moment même où ton souffle s’est éteint, à quelques 6000 kilomètres de ton lit d’hôpital, des hommes et des femmes oeuvraient à couper la canne dans des champs de Martinique. Qu’à mille lieux de ta peine, le soleil fleurissait et des chants s’érigeaient. Traversons, un instant, l’Océan pour nous en approcher.
En 1885, on fait là-bas comme ailleurs du rhum, comme on peut. Et si Louis Pasteur se fait -lui aussi- remarquer en cette année pour son vaccin contre la rage, il n’a encore rien fait pour faciliter la fermentation des rhumiers (son procédé de pasteurisation ne s'imposera que l'année suivante). Qu’à cela ne tienne, la personne en charge de la production du rhum chez Saint James a plus d’une idée en tête: il met le jus de canne fraîchement pressée à chauffer, délicatement et surtout sans le bouillir, juste de quoi éliminer les germes. Propre et efficace. Puis, il déverse son élixir dans une cuve en bois, l’ensemence de levures et… la magie opère. À ciel ouvert et durant plusieurs jours. En 1885, on prend son temps, et comme disait il n’y a encore pas si longtemps Mr Hugo : "la raison, c'est l'intelligence en exercice ; l'imagination, l’intelligence en érection".
C’est ainsi que naquit un mois de mai, peut être de juin ou de juillet, un rhum comme tant d’autres. Un rhum de son époque, comme tant d’Hommes.
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Ce n’était pas au mois de mai, mais nous avons rencontré Marc Sassier, gardien du temple Saint James, pour lui demander de nous raconter l’histoire qui se cache derrière le rhum Saint-James 1885. Merci à lui pour son temps, bon visionnage et bonne dégustation, si d’aventure un verre est proche de vous…