la fougue de la jeunesse
À tout juste trente-et-un ans, Rémi Brocardo a déjà neuf campagnes de distillation à son actif et presqu'autant d'expérience en tant que producteur au Château Lassalle Baqué, l'exploitation familiale qu'il reprend officiellement en 2018.
Débutant l'apprentissage de la distillation au contact de Philippe Gironi dès 2014 , il se fait la main quelques années avant de revenir sur le domaine familial pour distiller pour ses parents en 2017. La dernière distillation familiale, déjà exclusivement ambulante, datait alors de 1995... Âgé de 21 ans, Rémi met fin à 22 années d'interruption en distillant l'équivalent de trois fûts qu'il entrepose à côté de ceux de ses aïeux. Si l'armagnac coule au château Lassalle Baqué depuis 1884, année d'acquisition de la propriété, ses ancêtres produisaient déjà bien avant de l'armagnac sur une autre exploitation voisine.

L'histoire est officiellement lancée quand l'année suivante, en 2018, il se met à son compte et fait revivre un stock dormant d'armagnac datant de ses parents (et même de son grand-père avec un millésime 1964) en commercialisant ses propres bouteilles, bien décidé à faire revivre l'héritage familial et à le partager au plus grand nombre.
Son exploitation, située au coeur de la Gascogne, est composée de quatorze hectares de vignes (huit historiquement), exclusivement dédiés à l'élaboration de l'armagnac où trois cépages s'épanouissent au grès des saisons : le Baco (3ha), le Colombard (6,5ha) et l'Ugni Blanc (5ha). Des vignes situées à un kilomètre à la ronde et abritant deux terroirs bien distincts : d'une part des terrains de boulbène avec une terre riche en limons, et d'autres part des terres plutôt argilo-calcaires. Deux types de sol qui donneront aux eaux-de-vie des typicités aromatiques plus ou moins marquées selon les cépages plantés.

sur le travail dans les vignes :
Le travail dans les vignes est manuel et généralement effectué par Rémi et ses parents: une fois sa saison de distillation achevée en janvier commence ainsi la période de taille qui s'étale jusque mars. Un long travail qui nécessite en moyenne une semaine de labeur par hectare et par personne et qui se poursuit jusqu'au travail des sols et l'entretient quasi permanent des vignes. En agriculture conventionnelle, il se contente de petits rendements et cherche constamment le bon équilibre.


Rémi et la distillation :

Pour sa production au Château Lassalle Baqué, Rémi distille en mono cépage et mono terroir, mettant en fût sans réduction. Il possède aujourd'hui une trentaine de fûts dont il a distillé la grande majorité, entreposés dans un chai historique en terre battue qui propose à la fois une humidité propice au vieillissement (une canalisation centenaire en pierre passe même directement sous le chai) et une exposition plein sud. Il passera d'abord ses eaux-de-vie en fût neuf ou en fût roux pour une prise de bois qui durera de onze à treize mois, avant de les placer dans d'anciens fûts (rincés) pour continuer leur vieillissement. Des eaux-de-vie en devenir qu'il aérera plus ou moins fréquemment pendant leurs trois premières années afin de les ouvrir au maximum. Quant à l'origine de ses fûts, il travaille en étroite collaboration avec deux tonneliers locaux : Bartholomo et Adour chez qui il affectionne particulièrement des chauffes élevées qui lui permettent de donner à ses armagnacs des typicités bien différentes.
Séparant consciencieusement cépages distillés et barriques aux personnalités plus ou moins tranchées, il façonne déjà différents univers qui ne demandent qu'à être découverts et que le temps saura nous offrir pour peu que l'on sache attendre...
le vieillissement au Château Lassalle Baqué :





